54 - DÉCEMBRE 2015

La constitution du dossier MDPH en vue de sa prochaine scolarisation Après un dossier constitué auprès de la MDPH 91, la Commission des Droits et de l Autonomie des Personnes Han- dicapées lui reconnaît le 20 septembre 2012, un taux d incapacité perma- nente égal ou supérieur à 80%. On lui accorde l accompagnement d une AVS (Auxiliaire de Vie Scolaire) pour 9 heures.

En septembre 2012 après une période d adaptation, Matteo va faire sa 1ère rentrée scolaire accompagné par Véro- nique. On fait effectivement le choix de rémunérer une intervenante spéciali- sée pour son accompagnement plutôt qu une AVS éducation nationale qui ne sera pas formée pour son handicap. On nous a même prévenus qu une AVS ne serait peut-être pas disponible pour cette rentrée.

Rosy a cessé toute activité professionnelle L'organisation de la vie quotidienne est conçue autour de Matteo. La maman de Matteo ne travaille pas. Elle a cessé toute activité professionnelle de- puis 2011 pour se consacrer entière- ment à son fils.

Elle accompagne Matteo à son école de quartier située à cinq cents mètres du domicile et va le rechercher. C'est un moment de vigilance extrême car Matteo est très actif et imprévisible. Il se met en danger rapidement. Il faut répéter les consignes plusieurs fois en insistant, en criant parfois, en moti- vant systématiquement par une récom- pense. Mettre les chaussures le matin pour aller à l'école peut prendre cinq minutes.

Lorsqu il ne va pas à l'école, sa maman le garde à la maison. Elle l'amène à la ludothèque, médiathèque et dans les parcs aménagés de jeux. Lorsque l'AVS est absente, Matteo n'est pas accueilli en classe. Les prises en charge libérales d'orthopho- niste, de psychomotricienne et de psy- chologue sont programmées les après-midi.

Ses frustrations sont toujours mal mai- trisées et se manifestent par des cris et parfois par des coups et des mor-

sures. Le quotidien est fatigant et usant. Nos relations sociales demeu- rent très limitées.

Début de scolarité compliqué Matteo n accepte pas la contrainte. Il développe des stratégies d évitement. Il crie jusqu à obtenir que l AVS Véro- nique le sorte de la classe. Il crie beau- coup dès qu il n obtient pas ce qu il veut. Ces cris sont difficiles à suppor- ter pour les autres enfants et l ensei- gnante.

Le temps de regroupement est particu- lièrement contraignant pour Matteo qui ne supporte pas de rester assis et at- tentif avec les autres enfants. La seule adaptation réside dans son accompa- gnement individuel par Véronique.

Après 2 mois, lors de la première réu- nion de l équipe éducative, l ensei- gnante insiste pour dire que Matteo n a pas sa place dans une école ma- ternelle à enseignement classique, il devrait être en hôpital de jour . En fait, elle ne supporte pas la présence dans sa classe d un enfant différent et d une éducatrice privée utilisant des méthodes parfois physiques mais no- vatrices pour accompagner les appren- tissages de Matteo.

La directrice de l école voit en l inter- vention de la psychologue et de l inter- venante spécialisée l intrusion d une association dans son établissement d un mauvais œil. Olivier et Rosy le sa- vaient. La tâche serait rude mais il ne fallait pas lâcher. Véronique reprend systématiquement et de façon indivi- duelle avec Matteo les consignes col- lectives. Elle l étaye dans la réalisation de son travail.

Au moment du regroupement collectif, elle doit le contenir physiquement pour qu il s asseye. Lorsque Matteo crie trop, elle le sort de la classe un mo- ment. L enseignante préfère que lorsque Matteo est sorti de la classe, il ne lui soit pas proposé une autre ac- tivité en remplacement.

En plus de l école, Véronique intervient deux fois, une heure et demie, par se- maine à la maison : reprise du travail fait en classe, activités diverses d ap- prentissage : graphisme, jeux éducatifs etc. Un cahier de pictogrammes est mis en place.

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