48 - DÉCEMBRE 2015

Tout a commencé par une banale laryngite

Courant mai 2014 Thibault a fait une la- ryngite soignée par le médecin traitant de la famille. Le petit garçon toussait beaucoup, puis quinze jours plus tard lors de la communion de sa grande sœur il a arrêté de respirer lorsque ses parents l ont couché le soir. Les pom- piers sont intervenus à domicile et il a récupéré après une semaine d hospita- lisation à l hôpital de Sarreguemines. Tous pensaient qu il s agissait d une épiglottite aiguë. Deux semaines plus tard, Thibault recommence à tousser, ses parents l emmènent à nouveau aux urgences. Cette fois, le médecin insiste pour le garder et faire des examens plus approfondis. Selon lui, trois épisodes de laryngite pour un enfant dont le carnet de santé est vierge ce n est pas normal. Les parents de Thibault remercient infi- niment ce médecin de s être intéressé de plus près au cas de leur fils car après une prise de sang et un scanner, une masse de neuf centimètres de diamètre est trouvée autour de son larynx.

Thibault a un cancer

Transporté d urgence au CHU Haute- Pierre de Strasbourg (67) le 13 juin 2014, le diagnostic tombe. Le profes- seur LUTZ annonce à Sandrine et Olivier que leur fils Thibault a un cancer : une Leucémie aiguë Lymphoblastique de type T.

A cet instant, le temps s arrête, per- sonne n y croit, ce n est pas possible, pas Thibault, pas l un de leurs enfants, c est trop injuste. Le petit garçon est si plein de vie, il croque la vie à pleine dent, il court saute comme un fou avec son frère Quentin et ses deux sœurs Au- rore et Manon. C est pas vrai il n a pas l air malade. Le choc est tellement vio- lent que Sandrine n arrive plus à parler. Le monde d Olivier s écroule, tous les projets de la famille tombent à l eau. Leur vie à tous les six va changer défini- tivement.

Mise en place du traitement

Dans l urgence et dans ce stress Thi- bault subit une ponction lombaire et un prélèvement de moelle pour savoir exac- tement à quel stade en est la maladie. Puis l attente commence, on explique aux parents de Thibault qu ils vont de- voir laisser leur enfant seul pour la nuit car les parents n ont pas le droit de res- ter la nuit dans le service d oncohéma- tologie. Une autorisation exceptionnelle pour une seule nuit est toutefois accor- dée à la maman. Pour Sandrine, c est très difficile à vivre car elle est en congé parental et n a jamais laissé son fils une

seule seconde. Les médecins indiquent à Olivier et Sandrine qu il va falloir lui poser rapidement un pic-line c est une voie centrale pour passer les médica- ments. Mais un cathéter central ne peut être posé car la masse située autour du larynx est trop importante. Les anesthé- sistes ne veulent pas tenter une anes- thésie générale trop dangereuse.

La première phase du traitement qui cor- respond à une semaine de corticoïde à haute dose n aboutit pas à un résultat satisfaisant. La maladie n a pas diminué comme souhaité. Les médecins déci- dent la mise en place d un protocole à haut risque. Le traitement par chimiothé- rapie va être plus fort que prévu. Les pa- rents ne perdent pas courage, ils se disent juste que c est un mal pour un bien, son corps va subir un reset, les globules blancs doivent diminuer au maximum pour tuer efficacement les « blastes » c est à dire les globules blancs malades qui perturbent son organisme.

Le monde d Olivier s écroule

tous les projets de la famille

tombent à l eau. Leur vie à tous les

six va changer définitivement.

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