avec l'Équipe de suivi de scolarisation (ESS) de Manon. Fort heureusement l'homme bienveillant qui l'a pris sous son aile, l accompagne à ce rendez-vous, malgré un planning surchargé. Il lui sera d'un très grand soutien. L école se dé- charge de sa responsabilité, l'ensei- gnante qui la représente préconise un placement en I.M.E. Le directeur d'I.M.E. présent aux cotés de Patricia, maintient de concert avec celle-ci, que Manon ne dépend pas d'une telle structure puisqu il a établi des tests : un PEP-3 (Le PEP-3 est la troisième version d'un outil d'évaluation pour enfants présentant des troubles du développement, l'autisme en particulier) et un Vineland (L ECHELLE DE VINELAND: Échelle d évaluation du comportement socio-adaptatif de Vine- land) transmit au C R A de CLERMONT- FERRAND (63). Le représentant de l hô- pital enfonce le clou en alléguant que Pa- tricia met sa fille en danger, si elle se refuse à cette hospitalisation.

En route vers le changement

La jeune femme continue ses dé- marches, personne ne réussira à l'en dissuader, elle se rend à la MDPH du Cantal, pour faire transférer le dossier de Manon à la MDPH de la LOIRE, Une em-

ployée lui propose de lui en donner une copie ce qu'elle s'empresse d'accepter.

Lorsqu'elle rentre chez elle, elle feuillette le dossier de Manon. Elle n'en avait ja- mais eu connaissance auparavant et là, l horreur la saisit ! Sur la page réservée au diagnostic, il est inscrit en toute lettre TED (trouble envahissant du développe- ment), Patricia est tellement abasourdie qu'elle relit sans cesse cette phrase et réalise, là toute seule, qu'il est écrit noir sur blanc dans ce dossier que sa fille est autiste. "Mais pourquoi me l avoir caché !!!!!" s'écrie-t-elle!

Pendant plusieurs jours elle cherche à comprendre et mène une "enquête" sur le service de soins de Manon. Elle ap- prend avec stupéfaction que le médecin de l'hôpital de jour a été nommé "Méde- cin référent de l autisme" dans le Cantal par le CRA (Centre Régional de l'Au- tisme) "Mais c'est un véritable cauche- mar! Je vais me réveiller!" pense-t-elle.

Loin de se décourager, Patricia se rend à l'hôpital munie du diagnostic de Manon. Elle est très bien reçue par l'in- firmière du service ainsi que par la psy- chologue. Elles lui font part de leur mode de fonctionnement, elle apprend ainsi que le département du Cantal est secto- risé et que le seul médecin sur ce sec- teur est, bien entendu, la pédopsychiatre de sa fille ! Cela ne peut que conforter la jeune femme dans ses choix, si elle veut pouvoir sauver ses filles il faut quit- ter ce département.

Des conséquences fort désagréables

La rupture de son mariage aura pour Pa- tricia des conséquences fort désagréa- bles, dont celle d être encore plus malmenée par la pédopsychiatre de sa fille. Tout, dans le comportement de cette femme est prétexte à perturber Manon. Elle fait beaucoup de reproches au sujet de ses repas (rigidité alimen- taire), sur le fait que Patricia la coiffe tous les jours de la même façon, qu'elle la change plusieurs fois par jour, lorsqu elle se tache car elle ne supporte même pas une tache d eau et que oui un travail important en psychomotricité ne suffit pas toujours, car elle laisse tom- ber, sans cesse, les objets. Alors que de son coté, Patricia se sent si seule face aux troubles du comportement de sa fille qui ne supporte aucun changement. Mais ce qui angoisse terriblement la jeune mère, c est le refus de Manon d al- ler à la selle. Elle est obligée de lui faire des lavements, régulièrement.

Patricia a travaillé pendant dix ans en mi-

lieu hospitalier se qui lui permet d avoir de l assurance et de ne pas faire inter- venir une infirmière à domicile.

La jeune femme a, alors, décidé de met- tre un terme au suivi de Manon en hôpi- tal de jour, de cesser son activité professionnelle et de se former pour mieux comprendre ce qu'est l'autisme et pour mieux comprendre et s adapter à ses deux filles, cela ne s'est pas fait sans souffrances.

Le but est de scolariser Manon

En terme d'autisme, la France ne pro- pose rien de concret. Le but étant de scolariser Manon, la fillette a réintégré une scolarité de douze heures par se- maine avec une AVS en classe de CP CE1. L apprentissage de l alphabet se met en place grâce à une méthode de lecture appelée "les alphas" (lettres en forme d'animaux ou de choses commen- çant par ladite lettre), Manon est capti- vée par cette méthode, mais malheureusement la lecture écrite ne se met pas en place.

Patricia est la seule, comme d habitude, à croire en sa fille et en ses capacités, elle la stimule tous les jours. Elle ap- prend, elle aussi, cette méthode de lec- ture. Malgré ses troubles cognitifs

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