86 - DÉCEMBRE 2014

Patricia souffre car Océane veux être constamment dans ses bras. Comment faire? Patricia est déjà si fatiguée. Elle demande de l'aide à la sage femme qui la suit. Cette dernière va solliciter l'inter- vention de la psychologue du service. La jeune maman va prendre la décision de rester cachée dans sa chambre avec Manon, sa seconde fille, pour ne faire aucun effort et accélérer la cicatrisation. Cet isolement choisi, la fait souffrir ! Elle culpabilise de délaisser Océane. Le sou- tien que la psychologue lui apporte est capital, Patricia lui téléphone tous les jours, car savoir sa fille Océane si près d'elle, l'entendre et ne pas pouvoir la câ- liner est une terrible épreuve.

Cette situation extrêmement difficile a duré un mois, la cicatrisation ne se fai- sait pas aussi rapidement que l espérait Patricia. Le retour à la brigade fut éprou- vant, car lors du trajet de retour la cica- trice c est, une nouvelle fois, un peu rouverte, il a fallu encore un mois pour que la cicatrisation soit définitive. Être seule à la maison, toute la journée, avec les deux bébés, c était très difficile. En voyant l'évolution du comportement d'Océane, la jeune mère présentait de l hyperactivité. Elle n'arrivait pas à capter l'attention de sa fille, celle-ci ne se po- sait jamais !

Un comportement trop difficile

Océane a un comportement tellement difficile que Patricia ne peux pas l'ins- crire en crèche. Le médecin traitant de la famille et le pédiatre des filles ne se prononcent pas quant au comportement d'Océane, heureusement Manon est un bébé calme, trop calme !

L'entrée en maternelle est très com- plexe, l'institutrice ne comprend pas pourquoi la fillette ne reste pas assise, crie toujours autant pour s'exprimer, ne respecte pas les consignes, les TED (Troubles Envahissants du Développe- ment) sont bien présents. Océane ne parle toujours pas, seule sa mère peut comprendre les sons qu'elle émet.

Un nouveau combat s'annonce

Un combat qui va durer plusieurs années commence. Patricia est dirigée vers la pédopsychiatrie. Elle n'obtiendra rien de concret à part quelques heures avec une éducatrice spécialisée qui entrainera une demande de mutation exception- nelle pour rapprocher la famille de l hô- pital d Aurillac pourvu d'un service de pédo psychiatrie et d'un CAMPS. Patricia mettra rapidement un terme à ce suivi parce qu'à chaque rendez vous, entre la psychiatre et elle c'est l'incompréhen- sion totale. La praticienne fait peser sur elle une très grande culpabilité et la jeune maman est, très vite, submergée par ce sentiment. Bienvenue dans le monde de la psychanalyse et de l'incom- pétence! Ces médecins sont dans l'inca- pacité de poser un diagnostique précoce pour le traitement de l'autisme. C'est ce que Patricia va découvrir durant son par- cours et qui confirmera plus tard son res- senti.

La jeune maman nous confie : "Au fond de moi, je sais, je sens et comprends ma fille, qui à l'âge de cinq ans est toujours non verbale."

Un changement d'école profitable

Le changement d'école est bénéfique pour Océane. Sa maitresse, malgré les difficultés, ne s oppose pas à sa scola- rité, elle comprend ses difficultés, et sera une personne très importante dans le parcours d'Océane. Les deux femmes échangent chaque jour leurs impressions au sujet du comportement de la fillette et sur ses progrès.

Patricia est un peu soulagée car pour Océane, le fait d être avec des enfants neurotypiques (non autistes) lui permet de progresser dans la communication verbale, une orthophoniste se déplace a

l école une fois par semaine et elle peu bénéficier de ses séances. La psycho- logue scolaire intervient et propose des séances avec une éducatrice spéciali- sée. Océane se libère au fil du temps et adore les moments qu'elle passe avec cette personne malgré ses crises de frustration générées par son incompré- hension de devoir quitter la classe, mais au fil des mois elle s'apaise plus vite et les séances sont bénéfiques. Océane progresse petit à petit et a une évolution scolaire normale malgré ses troubles de l attention et de la concentration jusqu au CE 1 qu'elle redoublera.

Vivant dans un village, Patricia ne ren- contre aucune difficulté pour inscrire Océane au centre de loisirs. Un bonheur pour la fillette, mais il faut que sa maman lui explique avec précision le dé- roulement de la journée, un seul change- ment déclenche une crise de tantrum (colère), au fil du temps, la maman a toujours un plan A et B de secours qui apaise sa fille, mais les crises sont tou- jours aussi présentes et épuisantes. Pa- tricia appréhende chaque moment du quotidien.

Un soutien bienvenu

Le pédopsychiatre qui suit la fillette de-

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