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L'ADJUDANT NICOLAS VIGNERON S'ENGAGE DANS "LA DIAGONALE DES FOUS"

 

Octobre 2014, un gendarme de TREVOUX (01) est assis sur son canapé, devant son ordinateur. Il est en train de suivre avec intérêt l’évolution de l’épreuve d’ultra trail de "La Diagonale des Fous" à la Réunion, appelé également Grand Raid. C'est alors que l'idée de "courir la Diagonale des fous pour des enfants malades" a germé. A travers cet article, l'Adjudant Nicolas VIGNERON vous livre l'expérience qu'il a vécue durant toute son année de préparation de cet exploit sportif et solidaire.

L'envie d'y retourner

Octobre 2014, le coureur à pied du beaujolais, François d'HAENE est en tête de la célèbre course "La Diagonale des Fous". Nicolas se remémore ses moments passés en 2011 sur cette même course. Cette ambiance, ces paysages, ces montées sans fin et surtout cette magnifique arrivée au stade de La Redoute à Saint-Denis où il s'est mis à pleurer après soixante heures de course. L'envie d'y retourner se fait de plus en plus forte. Il regarde son épouse, Sylvie, et d'un air déterminé lui dit : "je veux participer à cette course l'année prochaine… "
Il savait par expérience que s'il voulait arriver au bout des cent soixante-dix kilomètres du Grand Raid, il allait devoir s'imposer un entraînement intensif, mais surtout acquérir un mental d'acier.

"Courir utile" 

En 2011, l'Adjudant Nicolas VIGNERON a fini la course, car son moteur, tout au long de son périple,  était l'image de ses deux garçons qui l'attendaient à l'arrivée sur le stade de la Redoute. Pour cette deuxième participation, il devait donc trouver une nouvelle motivation qui l’amènerait à se dépasser une nouvelle fois. Après mure réflexion avec Sylvie, le couple a  décidé que Nicolas courrait pour une bonne cause, c’est-à-dire "courir utile". Il ne manquait plus qu'à trouver cette cause, cette association, pour laquelle il allait se battre durant de nombreuses heures.
Ses enfants se trouvant loin de lui, il voulait absolument s’orienter vers une association qui viendrait en aide à des enfants. Son métier de gendarme fut également une source d’inspiration. En pensant à un collègue de travail, parrainé et soutenu par l’association "Gendarmes de cœur" à cause des gros soucis de santé de son fils, Nicolas effectue des  recherches sur le site internet de l'association qui l'ont conforté dans ses choix et ses ambitions.  Aussitôt, il a contacté le Président de cette association, Michel SCAT, pour lui exposer son projet et solliciter son soutien.
Sa cause était là! Courir pour son plaisir, mais courir utile pour une association qui agit auprès des enfants malades de gendarmes et leurs familles.

Le début de l'aventure

Fin novembre 2014, la décision de se lancer dans cette aventure est prise.
Aidé de Sylvie qui ne fait pas les choses à moitié, un projet complexe est monté. Il fallait écrire le projet, trouver des sponsors, des soutiens, de généreux donateurs, faire connaître l'association et surtout motiver les collègues de travail de Nicolas pour obtenir leur participation à cette belle aventure.
A compter de ce jour, un entraînement sportif soutenu va rythmer son quotidien.
Sans oublier qu'il a fallu prendre en compte un dernier paramètre : récolter un nombre de point suffisant qui lui permettrait de s’inscrire à la course de la Diagonale des Fous. Nicolas décide donc de participer à la SaintéLyon, une course de 72 kilomètres en décembre 2014. La course nocturne se passe bien et lui ouvre la possibilité de s’inscrire à La Diagonale des Fous, pour son plus grand bonheur.

Les premiers doutes balayés par l'adhésion au projet de plusieurs chefs d'entreprise

En février 2015, L'Adjudant Nicolas VIGNERON s’inscrit à "l’ultra-trail" de La Réunion. Maintenant, c’est officiel, son projet de participer à cette course mythique est en marche.
Il poursuit ses démarches de recherche de soutien en prenant contact avec diverses enseignes connues, mais on lui faisait, hélas, toujours la même réponse : "votre projet est noble, mais on ne sponsorise pas les amateurs". Dans quoi s’était-il lancé ? Nicolas avait promis à Michel SCAT de tout mettre en œuvre pour obtenir le meilleur résultat. Sa volonté n’étant pas affaiblie par ces refus, il a donc redoublé d'efforts.
Par la suite, toujours aussi déterminé, le gendarme de TREVOUX a réalisé des boites sur lesquelles était indiqué son projet, pour collecter des dons et a été les déposer dans divers commerces de proximité. Il s'est également déplacé dans des sociétés, comme le ferait un commercial cherchant à vendre son produit, afin de solliciter un soutien financier pour son réaliser son objectif. Il s'est heurté à de nombreux refus, mais fort heureusement, il a pu compter sur le soutien de quelques chefs d'entreprise qui ont immédiatement adhéré à son projet. La première fut la société de thé "FLORHERBA" suivie par le restaurant "LE PLAZA LOUNGE", la salle de sport "L'ORANGE BLEUE", puis les sociétés "BRICOMAN", "CARREFOUR MARKET", "CITRÖEN" et les "SERRES DE BADERANTS".

Objectif dépassé

L'objectif premier de Nicolas qui était d'atteindre au moins 1 000 euros commençait à se rapprocher doucement. Par la suite, il a rencontré Monsieur COMTE, réserviste citoyen de la gendarmerie et gérant de la société de transport "SOTRADEL". Avec une certaine appréhension, Nicolas lui  expose son projet et à sa grande surprise, son interlocuteur adhère, lui aussi, immédiatement à sa cause et lui remets un chèque de 1 500 euros. Le jeune homme ne savait plus quoi dire! Non seulement, il venait de dépasser largement son premier objectif, mais il était près de le doubler.
Malgré la conjoncture économique actuelle, le soutien manifesté par ces chefs d'entreprise a permis à Nicolas de s’accrocher et de trouver encore plus de motivation.

Faire connaître l'association

A ce stade du projet, Nicolas, voulait essayer de faire connaître l'association "Gendarmes de Cœur", qui selon lui,  était encore trop méconnue, en mettant en place un plan de communication. Pour commencer, il lui fallait l'aval de ses supérieurs, qu'il a obtenu assez rapidement. Les chargés de communication des mairies de TREVOUX et de MASSIEUX ont réalisé un article dans leur revue locale respective.
Par la suite, il a voulu faire paraitre un article dans la presse régionale et aurait aimé faire réaliser un reportage télévisé. La directrice de la chaîne FRANCE 3 Rhône-Alpes a accepté de réaliser ce reportage. Elle voulait mettre en avant une famille recevant les aides financières de l'association et son projet sportif. Le seul problème fut de faire coïncider les trois emplois du temps : famille, journaliste et Nicolas. Malheureusement, et ce fut le plus grand regret de notre gendarme, les trois parties n'ont jamais, réussi à se coordonner pour réaliser ce reportage qui aurait pu être un beau tremplin de communication pour l'association.

La préparation physique

Parallèlement à la recherche de dons et à la mise en place du plan de communication autour du projet, il fallait également se concentrer sur la préparation physique. Nicolas a envoyé de nombreux mails à des sportifs compétents pour être bien conseillé et trouver un programme de préparation physique. Hélas, la majeure partie de ses demandes n’ont pas abouti. Seul, un collègue sportif de Bordeaux a bien voulu partager ses expériences. Nicolas s'est donc préparé à la manière d'un gendarme de brigade tel un sportif amateur et inspiré par ses revues de trail préférées. Il a donc enchaîné les kilomètres et accumulé des dénivelés pour arriver en pleine forme le jour J.

La course

Octobre 2015, le grand jour arriva assez rapidement.
Nicolas s'envole pour La Réunion. Il va enfin participer à cette épreuve tant attendue. Après une petite semaine d’acclimatation dans la famille, arrive enfin le départ, le jeudi 23 octobre 2015 à 22 heures sur le bord de mer à Saint Pierre.
Sylvie, Gelsy et Stéphane ont décidé de le suivre en permanence durant cette course et de lui servir d’assistance. Le coup d'envoi est donné. 3 500 coureurs qui n'ont qu'une envie, prendre part à cette belle épreuve, traverser l’île en courant et arriver au stade de la Redoute. Le coup d’envoi est lancé dans une ambiance musicale typique de l’île. Une foule énorme applaudi les concurrents sur une distance d'au moins cinq kilomètres. L’adrénaline, le stress et la pression sont là. Nicolas a l'impression de s’envoler même s'il commence à ressentir un début de douleur au genou gauche. Il pense que cette douleur va s'estomper rapidement. Il court à son allure, dans cette longue montée qui l’emmène jusqu'au volcan. Environ quarante kilomètres de montée et cette douleur qui persiste et devient de plus en plus forte.
Le jeune homme s'accorde un premier massage au trentième kilomètre pour tenter d'apaiser la douleur. Au trente septième kilomètre, Nicolas masse à nouveau son genou, mais la douleur est trop vive. Les sept derniers kilomètres ont été horribles. Il lui était impossible de trottiner et plus grave encore, il avait de grosses difficultés à marcher dans les descentes. A ce stade de la course, le jeune gendarme préférait les montées aux descentes car la douleur était moins intense.

L'abandon

Arrivé aux trente septième kilomètres, la douleur devenue insupportable, contraint le militaire à l'abandon. Le moral avait disparu. Ayant déjà participé à cette course, il savait ce qui l'attendait encore. Il n'était qu’au tout début de l'épreuve. Il lui restait encore cent vingt kilomètres à parcourir, mais avec cette douleur, ce n'était plus possible.
Le trail reste pour l'adjudant VIGNERON une passion, mais sa nature prudente a pris le dessus, il n'était pas question de risquer une blessure grave pour obtenir un bon classement dans une course. Avec regret, il dégrafe son dossard avec un gros coup au moral. Il lui faudra plusieurs semaines pour se remettre à courir. La réussite de ce projet lui tenait tellement à cœur qu'il s'est mis trop de pression.
Il lui faudra la remise du chèque au président de l'association, le 9 décembre 2015 pour comprendre que malgré cet abandon sportif son projet avait été en partie réalisé.

Remise des bénéfices à la DGGN

Au final, le projet de Nicolas a permis de réunir la somme de 3 350 euros. Que de fierté pour lui ! Il comptait organiser une petite cérémonie pour remettre ce chèque symbolique à Michel SCAT à la caserne de TREVOUX à l'issue de laquelle les convives auraient pu déguster quelques petits gâteaux qu'il aurait achetés. Mais c'était sans compter sur la reconnaissance du Président pour qui, le geste de l'Adjudant VIGNERON devait avoir une répercussion plus grande. Il lui propose d'organiser cette cérémonie de remise de chèque à la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale à PARIS, présidé par le Général MAZY. Que de fierté pour Nicolas ! Et quelle remise !
Le 9 décembre 2015 accompagné de son commandant de compagnie et de Monsieur COMTE, l'Adjudant Nicolas VIGNERON se présente devant ce bâtiment si symbolique pour un gendarme. Il est accueilli comme un champion par une quarantaine de personnes travaillant à la DGGN. Tous le félicitent. Le Général Philippe MAZY ainsi que Michel SCAT le remercient pour d'avoir tenté cette épreuve très difficile et d'avoir mené à bien son projet de recueillir des fonds pour l'association "Gendarmes de Cœur". Nicolas est ému et c'est à ce moment-là qu'il comprend que, bien que n'ayant pas été au bout de la course, son projet avait été réalisé. Récupérer de l'argent pour des enfants malades afin de leur redonner le sourire malgré leurs difficultés.

Le message personnel de l'Adjudant VIGNERON

"Comme me le dit souvent, Sylvie, mon épouse, chaque action doit se terminer par un bilan. Pour ma part, il est assez positif. J'ai consacré mon temps et ma force pour venir au bout de mon projet. Durant la mise en œuvre de cette action et face à des imprévus personnels, j'ai surtout compris que la vie est courte et qu'un simple accident peut avoir de lourdes conséquences.
Je n'ai pas été au bout de ma course, mais ce n'est que partie remise. L’association a été créée en 2005 pour venir en aide aux familles de gendarmes, mais très peu d'entre eux ont contribué à mon entreprise. Il aura fallu la gentillesse de personnes extérieures à l’institution pour récolter cet argent. Je pense, peut-être à tort, que chaque gendarme aurait pu financièrement donner un peu. Deux euros par gendarmes sur une compagnie de gendarmerie comme la mienne, sa représente presque 400 euros. Il faut tout de même rappeler que ces fonds se destinent à nos collègues et à leurs enfants qui sont confrontés à la maladie.
Si je devais leur adresser un seul message, ça serait celui-ci : « La gendarmerie est une grande famille. Pour la plus part, nous passons plus de temps avec nos collègues qu'avec notre propre famille. N'attendons pas d’être en difficulté pour nous rapprocher de cette association ».
J’espère deux choses, que mon projet aura permis de faire connaître un peu mieux cette association et qu'il servira d'exemple pour d'autres projets sportifs et solidaires.
Pour finir, je voulais remercier l'ensemble des personnes qui ont cru en moi. Ma famille, mes collègues, les sapeurs-pompiers de TREVOUX, les responsables de sociétés qui m’ont soutenu, les collectivités, les commerces de proximité mais surtout Michel SCAT qui peut être fier du travail qu'il accomplit chaque jour pour les Gendarmes.

ARTICLE Adjudant Nicolas VIGNERON