REMISE DE DON A L'ADJUDANT ROBERT CUEVAS
AU GROUPEMENT DE GENDARMERIE DU TARN A ALBI
le 20 Avril 2016

REMISE DE DON A L'ADJUDANT (ER) ROBERT CUEVAS

Pour sa cinquième intervention de l'année les Gendarmes de Cœur ont fait le déplacement à ALBI. Michel SCAT avait été particulièrement touché par l'histoire de la famille CUEVAS. Les nombreuses récidives de sa maladie ont laissé le militaire lourdement handicapé.

Remise de don au groupement de gendarmerie du Tarn

Le 20 avril 2016, le Colonel RENIER Sylvain, commandant le groupement de gendarmerie à ALBI (81) a reçu dans ses locaux, l'association "Gendarmes de Cœur". Son Président, Monsieur SCAT Michel, est venu avec son épouse, remettre une aide financière à l'Adjudant CUEVAS Robert, ancien gendarme mobile de l'Escadron de REIMS, retiré depuis 2012 sur la commune d'ALBI.
Pour cette occasion, il était entouré de son épouse Isabelle ainsi que de son fils Samuel. Le Chef d'Escadron SAVARY Hervé, son ancien commandant d'escadron à REIMS, avait fait le déplacement. Autour de ce gendarme mobile étaient également rassemblés le Lieutenant-Colonel VEZIN Jean-Luc Commandant en second du groupement du Tarn, le Capitaine ULTRERAS Yannick commandant en second la Compagnie d'ALBI, le Capitaine GELY Claude, chef du groupe Soutien Ressources humaines, l'Adjudant VERFAILLIE Erick Conseiller concertation au niveau région, l'Adjudante-Chef LHARDY Sylvaine, référent Sous-Officiers et volontaires du groupement, l'Adjudant BAISSE Thierry et le Gendarme BORIES Christian, représentants des personnels militaires de la Compagnie d'ALBI, Madame CAMBON Christine assistante sociale ainsi qu'une délégation des différents services de la résidence d'ALBI. Monsieur François GRAU ancien gendarmes motocycliste et Monsieur Eric LAFALA deux adhérents de l'Association "Gendarmes de Cœur" étaient également présents.
Le Colonel RENIER a souligné l'action de l'Association "Gendarmes de Cœur" et plus particulièrement ce jour pour l'Adjudant CUEVAS. Monsieur SCAT exposait aux militaires présents les conditions dans lesquelles l'association était née et le sens qu'il donnait à aider les gendarmes mais également leur famille en difficulté dans les épreuves de la vie.
C'est ainsi qu'il a remis une aide financière d'un montant de 10 000 euros à l'Adjudant CUEVAS et sa famille destinée à l'achat d'un véhicule automobile adapté à son handicap.
Très touchés par l'épreuve vécue par leur camarade et sa famille, les gendarmes du Tarn auront à cœur de les entourer et de mettre en œuvre la devise de la gendarmerie « Une Force Humaine ».

Article: GGD81

 


Reportage Photos

Photos Eric Lafalla

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Photos GGD81

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Presse



LE DOULOUREUX CHEMIN DE ROBERT

L'adjudant Robert CUEVAS est en longue maladie depuis octobre 2012 suite à des complications liées à l'ablation d'une tumeur bénigne au cervelet.  Le militaire, après deux comas, se retrouve en fauteuil roulant.

Les premiers ennuis de santé de Robert commencent dès 1997

En 1997, Robert est opéré à Clermont Ferrand d'un hémangioblastome au cervelet.
L'opération s'est bien déroulée sans aucune séquelle et Robert rêve sur son lit d’hôpital de reprendre ses activités de canyoning et d’escalade. Très  sportif, il fait tout pour reprendre au plus tôt son travail et ses activités, ce qu'il fera deux mois plus tard.

[Un hémangioblastome est une tumeur vasculaire rouge brillant bénigne, en relief, touchant des vaisseaux, et située au niveau du système nerveux, plus spécifiquement en arrière du cerveau (fosse cérébrale postérieure). Cette tumeur rentre dans le cadre d'une maladie génétique touchant le chromosome 3 appelée maladie de Von Hippel Lindau]

Une seconde tumeur est détectée onze ans plus tard

Courant 2008, un nouvel hémangioblastome est apparu sur la moelle épinière, cette fois, entre la sixième et la septième cervicale. C'est la même maladie rare qui est à l'origine de la formation de ces hémangioblastomes. Il peut en produire d'autres à l'avenir.
Cette fois, Robert est opéré à Reims alors qu'il est affecté à l'escadron de gendarmerie mobile 31/7 basé dans cette ville. C'est l'été, Isabelle, son épouse, est disponible car elle est en vacances jusqu'en septembre.
Après l'intervention chirurgicale, Robert réapprend à marcher, sans même sentir ses pieds, en déambulant dans les couloirs de l'hôpital avec Isabelle chaque après-midi. La distance que parcourt Robert augmente de jour en jour et avec Isabelle, ils se rendent dans les cages d'escaliers pour réapprendre à monter et à descendre les marches. Si bien qu'au centre de rééducation San Sébastopol de Reims, les rééducateurs autorisent Robert à rentrer et à ne venir que pour ses séances de kiné au bout d'une semaine. Ensuite, il continuera ses séances de kiné dans un cabinet en ville. Isabelle ayant repris son travail a obtenu une prise en charge de transport en taxi pour que Robert poursuive sa rééducation. Il réapprend la préhension à la maison et comme cela n'est pas suffisant, il va régulièrement utiliser le gymnase et la salle de musculation de l'escadron pour récupérer toutes ses capacités. C'est douloureux et épuisant mais Robert est courageux et ne se plaint jamais. Il est la fierté de sa femme et de son fils, Samuel. Le  militaire se remettra complètement pour la seconde fois. Robert a repris le travail en tant que chef du S.A.I. de L'escadron de Reims et repris les déplacements en 2009 et en 2011 les déplacements outre-mer.

Un nouveau départ pour la famille CUEVAS

Le couple  avait acheté une maison à Albi qu'ils rénovaient à deux durant leurs vacances en vue de s'y installer plus tard. Isabelle y emménage en 2011 car Samuel rentre au collège.  Il a besoin d'être suivi, car en 2009, il a, lui aussi, été très malade. Ses crises d'épilepsie tonico–clonique et son traitement l'ont énormément fatigué. Isabelle et Robert sont devenus célibataires géographiques et le père de famille rentre à chaque repos sur Albi.

Robert est pris de malaises lors d'un déplacement à Paris

Robert est en déplacement sur Paris lorsqu'il est pris de malaises au réveil. Le Commandant SAVARY l'autorise à rentrer pour consulter. Isabelle prend immédiatement les rendez-vous qu'il faut sur Reims. Son mari décide de la rejoindre ; il veut être près de sa famille. Isabelle organise donc son suivi médical sur Toulouse.
A la clinique, le médecin annonce au couple qu'il faut opérer sans attendre et qu'ils garderont Robert durant une semaine. Le père de famille est content de pouvoir passer sa convalescence auprès de leur fils Samuel à qui il vient d'acheter un nouveau vélo.

D'importantes complications en cascade

Début mai 2012, Robert se fait opérer en clinique.  C'est une récidive de la tumeur de 1997. Il reste vingt-quatre heures sous surveillance en soin intensif puis il est transféré dans le service de neurochirurgie.
Trois jours après l'intervention, Isabelle s'aperçoit que l'oreiller de Robert est complètement trempé. Elle le signale à l'infirmière qui lui répond que les pansements ne sont changés que tous les deux jours puisqu'ils contiennent des principes actifs; Isabelle sait que la soignante a raison, mais elle est persuadée qu'il y a un problème.
Le lendemain, lors de sa visite, Isabelle constate que, non seulement, l'oreiller de son mari est trempé mais que son T-shirt l'est aussi. Elle appelle aussitôt l'infirmière de service, ce n'est pas la même que la veille. Celle-ci lui explique qu'elle a déjà prévenu le neurochirurgien car ce n'est pas normal. Une fistule est apparue et le liquide céphalo rachidien s'écoule.   
Le soir, le neurochirurgien vient dans la chambre de Robert lui poser trois agrafes. Mais, cela ne suffira pas. Robert a de fortes céphalées. Le lendemain, il repasse au bloc, car il faut faire un collage. Dans la semaine, Robert souffre toujours de très forts maux de tête. Ils sont de plus en plus intenses et s'étendent jusque dans la nuque.
Dans la nuit du 16 mai 2012, à quatre heures du matin, Robert appelle sa femme affolé ; il lui dit que ses douleurs sont insupportables et qu'il va mourir. Isabelle, très inquiète, appelle l'infirmière de nuit pour qu'elle passe dans la chambre de son mari. Cette dernière lui administre un anti douleur qu'elle a en prescription en cas de nécessité.                                                               
A six heures du matin, Robert appelle à nouveau son épouse. Il n'en peut plus tant la douleur est intense. Cette dernière rappelle l'infirmière qui lui explique qu'il faut attendre que le médicament agisse, alors que cela fait déjà deux heures que l'antalgique a été administré. Isabelle décide de réveiller Samuel et prend la route pour se rendre à Toulouse. Il faut absolument qu'elle prévienne le neurochirurgien.
A sept heures trente, le neurochirurgien vient d'être appelé, il craint une hydrocéphalie*. Il assure à Isabelle que cela va s'estomper tout seul.

*Une hydrocéphalie est une accumulation excessive de liquide céphalo-rachidien (LCR) à l'intérieur des cavités du cerveau, due à une mauvaise circulation ou une absorption déficiente du LCR.

Nonobstant l'avis du médecin, l'état de Robert s'aggrave au cours de la semaine. D'horribles douleurs à la tête et à la nuque le terrassent. Il est placé sous morphine, traitement qu’il supporte difficilement à cause des hallucinations qu'il provoque. Cependant, la douleur s'estompe peu à peu sous l'effet du médicament.
Le médecin prévoit la sortie de Robert pour le 22 mai. La veille, ce dernier qui n'est plus sous morphine se sent à nouveau mal. Isabelle l'appelle le soir vers vingt heures, il lui demande de ne plus téléphoner, car entendre la sonnerie du téléphone lui est insupportable. Il a demandé à son voisin de chambre d'éteindre la télé. Toute la nuit, ce voisin de chambre bienveillant, qui est en fauteuil roulant et qui a du mal à se déplacer, tentera de le soulager avec des gants humides et tièdes sous la nuque. Le lendemain matin, Isabelle demande à une voisine d'aller chercher Samuel à l'école et de le prendre en charge jusqu'à son retour. Après quoi, elle se rend à Toulouse au chevet de son mari. Quand elle arrive dans sa chambre, Robert est très mal. Elle interpelle de suite l'infirmière cadre du service et lui demande quand le neurochirurgien a vu son époux.  Cette dernière qui ne viendra jamais dans la chambre de Robert, lui répond qu'il est passé à neuf heures et qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter, que son mari est en train de décompenser et fait simplement une crise d'angoisse.

En pleine détresse face à une équipe médicale qui ne réagit plus

L'état de Robert s'aggrave, il a uriné dans son lit. Le personnel ne réagit pas plus; Isabelle décide de descendre voir le neurochirurgien qui est en consultation le mardi. Il lui assure qu'il a donné toutes les classes médicamenteuses possibles à son mari, notamment un décontractant et que ce n'est pas rare d'avoir mal aux cervicales après une telle opération. La jeune femme lui reprécise les symptômes : douleur sur toute la tête, respiration et déglutition difficile. Il ne l'entend pas. Elle retourne auprès de Robert. Son voisin de lit et sa famille qui est présente l’affolent. Robert ne parle plus, Isabelle lui demande de lui serrer la main; elle obtient une première fois une faible réponse et plus rien, les pupilles de Robert se dilatent. Isabelle et la famille du voisin de chambre, vont chercher les infirmières et sonnent.
Le personnel infirmier réagit enfin. Le  neurochirurgien sera prévenu et viendra enfin voir Robert à seize heures trente et le fera transférer en réanimation. Isabelle ne reverra Robert que le lendemain à quinze heures. Le médecin de réanimation lui annonce que son mari a  fait une détresse respiratoire, une hydrocéphalie et que le tronc cérébral a été gravement atteint. Il est trachéotomisé. Son pronostic vital est engagé. On lui a posé une dérivation externe pour évacuer le LCR (liquide céphalo rachidien). Il restera près d'un mois dans le coma. A partir de ce moment, le temps ne s'écoule plus normalement. Il s'est arrêté comme suspendu. Il fait une méningite infectieuse, à cause de la dérivation externe, qui est une véritable porte d'entrée aux infections, puis une ventriculite.

Samuel laisse des messages à son papa par dictaphone interposé

Samuel n'a pas le droit de voir son papa durant son coma. Je jeune garçon commence à s’angoisser. Sa maman lui achète un dictaphone pour qu'il puisse parler à son papa. Son professeur principal aura la gentillesse de lui permettre de le garder avec lui toute la journée afin qu'il puisse laisser un message à son papa quand il le désire. Isabelle transmet ainsi les messages de Samuel à son papa tous les deux jours. Puis, un jour, Samuel rit dans l'appareil et Robert ouvre grand les yeux. La jeune femme repasse la bande une nouvelle fois; même réaction, Elle sait alors que Robert l'entend et elle va lui parler tous les jours de 15 heures à 21 heures. Isabelle se demande à chaque fois ce qu'elle va pouvoir lui raconter la prochaine fois puisque la vie s'est arrêtée à la maison.

Robert repassera huit fois au bloc

A son réveil, après que l'équipe médicale eut traité la méningite et la ventriculite, on lui pose une valve de dérivation péritonéale. Le LCR va s’évacuer par le péritoine. Mais, elle se bouche et il doit repasser à nouveau au bloc. Il repassera huit fois au bloc durant son séjour à la clinique.
En juillet, Robert est transféré au centre de rééducation de VERDAICH dans les Pyrénées. Il  ne se tient pas assis, il a une diplopie*, une paralysie locomotrice et il ne déglutit pas bien. Il est très diminué.
Isabelle emmène son fils Samuel avec elle pour accueillir son mari au centre. Le jeune garçon a besoin de voir son papa et d'être rassuré avant de partir en vacances dans la famille de sa mère.

*La diplopie est la perception simultanée de deux images d'un simple objet qui peuvent se déplacer horizontalement, verticalement ou en diagonale.]

Un séjour en centre de réadaptation écourté

Lors de leur rencontre avec le médecin du centre, cette dernière ne comprend pas pourquoi Robert a été envoyé dans les Pyrénées alors qu'il y a un centre de rééducation  sur Albi. Elle propose à Isabelle de faire immédiatement un dossier de demande pour que Robert y soit accepté dès que possible.
Malheureusement, l'état de Robert s’aggrave. Il ne sera resté qu'une semaine dans les Pyrénées. Le médecin fait une lettre à Isabelle pour qu'elle puisse passer sans problèmes aux abords de Toulouse car le Tour de France doit y passer ce jour-là.
Durant cette semaine, Isabelle  a été logé à l'escadron de gendarmerie de Pamiers où elle a  eu un accueil très agréable. Les militaires lui ont même prêté une machine à laver le linge pour qu'elle puisse faire la lessive de Robert, le centre n'offrant pas la prestation d'entretien.

Retour à Toulouse

Robert s'enfonce à nouveau. Le quatrième ventricule est souffrant. Le neurochirurgien prévoit de lui poser une deuxième valve au quatrième ventricule relié à la première. Il restera à nouveau en réanimation où les complications vont s'enchaîner. Il fera un deuxième coma à cause d'une pneumopathie. Les médecins ont donné l'ordre de sortir Robert de réanimation pour le transférer en soins de suite sans aspiration alors que son épouse avait passé tout l'après-midi à aspirer ses glaires marrons et qu'il ne pouvait pas déglutir. Isabelle avait prévenu l'infirmière et le médecin. Elle savait qu'ils allaient l'appeler dans quelques heures s'ils persistaient dans leur décision et elle avait dit à l'infirmière qu'elle pouvait lui préparer un autre box. Le médecin a appelé Isabelle à sept heures du matin. Robert était dans le coma et intubé. Il sera à nouveau trachéotomisé puis gastrostomisé. Il a été placé en congé longue durée le 6 octobre 2012 alors qu'il était encore en réanimation.

De lourdes séquelles sont à déplorer

Courant octobre 2012, Robert est transféré au centre de réadaptation d'Albi. Il y restera jusqu'au 5 juillet 2013. Robert est tétraparestésique*; il a un syndrome cérébelleux sévère ; il a une paralysie des paires crâniennes et donc une paralysie de toute la face. Il a une paralysie du muscle oculomoteur, un strabisme des deux yeux et une forte diplopie ; il n'a plus d'accommodation visuelle ; il est bradypsychique*.
En janvier 2013, Isabelle qui avait repris son activité professionnelle quitte son travail pour s'occuper de son mari.
En mars 2013, l'équipe médicale va sevrer Robert et lui enlever la gastrotomie. A sa sortie Robert pourra manger du mixé.
Depuis plusieurs mois, Isabelle prenait Robert à la maison lors de ses jours de repos.
Quand il rentre enfin à la maison, il ne se tient pas assis seul, il a toujours sa paralysie faciale même s'il y a du mieux et qu'il peut exprimer ses besoins. Il souffre d'un trouble dyséxécutif*, il n'a plus de commande de ses membres. Il n'a pas la capacité d'initiative et ne peut pas commander son corps. Sa mémoire de travail est atteinte. Au centre, l'ergothérapeute en vue de sa réadaptation a fait le choix de renforcer son côté gauche plus tonique ; mais cela contrarie Isabelle car c'est condamner le côté droit.

*La bradypsychie et un ralentissement du fonctionnement cognitif se manifestant par une baisse globale des fonctions intellectuelles lorsque la durée de réalisation est limitée, contrastant théoriquement avec des résultats corrects, ou notablement améliorés, lorsque la tâche est exécutée sans limitation de temps. Par extension, tout ralentissement intellectuel, même lorsque la fluctuation des performances avec le temps apparait moins claire
*La tétraparésie est une atteinte des quatre membres par une diminution des possibilités de contraction des muscles. Elle est due à des perturbations neurologiques survenant au niveau de la moelle épinière, de localisation cervicale.
* Le syndrome dysexécutif est un trouble des fonctions exécutives. Ces fonctions administrent, supervisent et contrôlent toutes les fonctions spécifiques (langage, mémoire, planification, visuo-spatiales, gnosiques et raisonnementales)

Le retour à la maison

A son retour, Isabelle contacte un orthophoniste qui s'occupe essentiellement du langage. Dans leur secteur ils n'y que quatre thérapeutes à intervenir à domicile. Le praticien choisi ne  fera des bilans qu'une fois par semaine. Isabelle se charge de faire faire à Robert tous les exercices d'articulation, de déglutition et cognitif, un peu chaque jour.    
De plus, Elle a demandé à un des kinésithérapeutes qui intervenait dans la structure où elle travaillait, de poursuivre avec elle la prise en charge. Il vient deux fois par semaine, vingt minutes et une de ses collègues prend le relais pour assurer une troisième séance.
La maison est devenue un  centre de rééducation : rampe aux escaliers pour réapprendre à monter et descendre, travailler le tonus du tronc, la verticalité et l'équilibre.
Leur salon est devenu leur salle d'entrainement physique (verticalisateur, ergomètre-stepper …) qui s'étend maintenant jusqu'au jardin où isabelle a mis en place l'été dernier des barres parallèles.
Au début, Robert réagit très lentement, il faut constamment le stimuler pour le faire venir à soi et tenir compte de sa fatigabilité.
Tous les matins, Isabelle commence par le mobiliser dans son lit et lui apprendre peu à peu à se retourner. Elle mobilise son bras droit et sa jambe droite, fait des étirements pour éviter les rétractations. Il faut au moins trois quart d'heure de stimulation quotidienne pour qu'il soit prêt à prendre un petit déjeuner.
Un siège pivotant à la baignoire a été installé pour faciliter la toilette mais en décembre 2013, comme Robert est un peu plus tonique, une douche adaptée a été réalisée par un voisin  plombier.
Isabelle réapprend peu à peu à son mari à coordonner ses jambes et à en avoir la maîtrise. Elle travaille plus particulièrement la jambe droite, en le calant sur son épaule; elle est juste à la bonne hauteur. Elle le guide verbalement: jambe droite -pied droit -genou droit.
Dans la salle de bain, elle a affiché des panneaux avec tous les exercices ortho à faire devant la glace. Ils passent beaucoup d'heures à faire des grimaces et des bruitages pour récupérer la motricité du visage, de la langue, des paupières et réapprendre à articuler car Robert a une dysarthrie. Il réapprend ainsi à articuler puis à prononcer des mots de plus en plus compliqués, à faire des phrases de plus en plus complexes.

Plus tard, Isabelle lui réapprendra à lire comme à la maternelle. Aujourd'hui, il utilise une liseuse. "On ne lit que des livres amusants ; c'est plus motivant et on ne se prend plus au sérieux ; on se moque de tous nos jolis défauts" nous confie Isabelle.

Un kiné auquel Isabelle se référait souvent quand elle travaillait lui a appris que toutes les idées même les plus farfelues sont bonnes pour faire avancer le patient ; "je dois en avoir au moins une par semaine ; j'ai accroché par exemple des ballons de baudruche sur le toit de la terrasse et j'ai  dessiné dessus un visage. J'ai donné une matraque en carton à Robert afin qu'il retrouve l'automatisme de lever les bras en l'air. Nous avons joué et il n'a plus pensé à la difficulté et la matraque a dû l'inspirer" nous raconte Isabelle.
Il a réappris à couper en jouant à la pâte à modeler, puis un melon. Le mouvement du va et vient a été difficile à récupérer.

Les progrès de Robert sont significatifs

Aujourd'hui, Robert se tient assis avec un dossier, utilise son bras droit ; la verticalité est possible.
Cet été, Isabelle lui ai fait confectionner des semelles orthopédiques par un podologue posturologue. Ce sont des semelles qui corrigent la position des pieds puisqu'il restait sur son talon droit sans poser ses orteils et qu'il avait quatre centimètres de différence à droite.
Ce sont des semelles de son invention qui corrigent les appuis des pieds et donc toute la posture du corps. Elle a pu ainsi faire avancer Robert sur son équilibre statique et il s'est bien redressé.
La jeune femme fait marcher son mari le plus souvent possible en extérieur sur des terrains variés pour travailler son équilibre ; cela reste, toutefois, de la marche soutenue et sur quelques mètres mais il progresse.                   
Ces derniers mois, Isabelle a fait travailler Robert sur le geste d'écriture et la réutilisation des outils scripteurs (doigts, poignet, coude) et ensemble ils avancent vers le réapprentissage de l'écriture cursive.

Sur le long chemin de la réadaptation et de la guérison

Toutes les trois semaines, la jeune femme emmène son mari chez un orthoptiste (rééducateur pour la vision binoculaire). Grâce à ces séances, Robert récupère peu à peu son accommodation. L'angle de l’œil gauche est passé de 60° à 40°. Son nystagmus à l'œil droit est moins important. Le nystagmus est un mouvement involontaire des deux yeux, d'oscillation de faible amplitude, et de rotation du globe oculaire.
Isabelle a confectionné des crayons et des cibles pour travailler la coordination des deux yeux à la maison. Sur ses lunettes de vision de près un prisme collant a été appliqué devant l’œil gauche. L'objectif est de faire fonctionner les deux yeux en même temps et donner envie à son cerveau d'avoir les informations avec les deux yeux dans le même moment. Cela participe aussi à son équilibre.
Robert voulait surtout refaire du vélo. "Comme je dis toujours : à chaque problème, une solution ; il suffit de la chercher. Pour y arriver, il  fallait que Robert puisse tenir son tronc en position assise tout en utilisant ses jambes pour pédaler. Pour ses 50 ans, quelques amis lui ont fait une cagnotte ; alors, j'ai pu l'emmener à des séances d'aquabiking en cabinet. C'était aussi un moment de plaisir pour lui" nous raconte encore Isabelle.

Cette étape a permis d'envisager d'adapter un vélo. Isabelle a contacté une entreprise de Marseille qui fabrique des stabilisateurs pour vélo pour les personnes qui n'ont pas d'équilibre. La jeune femme en a fait monter sur le vélo de son mari.
Le seul souci qu'elle rencontre aujourd'hui, c'est qu'elle a du mal à trouver des bénévoles pour l'accompagner. Car la logistique n'est pas évidente. Il faut accrocher ce vélo qui pèse lourd sur un porte vélo, mettre le fauteuil de Robert dans le coffre et surtout il lui faut toujours quelqu'un pour les suivre avec le fauteuil et le marchepied.

Les mots d'Isabelle

"Notre fils Samuel a quatorze ans maintenant ; il m'aide le plus possible et du mieux qu'il puisse faire; mais je ne veux pas qu'il soit dans le soin avec son papa; ce n'est pas son rôle. Robert doit pouvoir garder  sa place de papa et Samuel continuer sa vie avec les préoccupations de son âge. Mais, il reste difficile d'avoir des vacances ensemble; Robert reste dépendant de moi pour tous les actes de la vie quotidienne. Nous espérons un moment de répit à trois pour l'année prochaine.
Robert est courageux et fait des efforts considérables pour avancer.
Nous sommes fiers de lui et surtout nous espérons qu'il l'est de lui-même.
Sois fier de toi-même, mon chéri !"

ETATS DE SERVICES

Carrière professionnelle de l'Adjudant Robert CUEVAS

- 17ème  RGP ((régiment para) Montauban 1984
- Appelé à l'activité de 1985 - 1986; affecté au 72ème régiment du génie à MOURMELON - caporal-chef puis sergent
- 1989 Engagement dans la gendarmerie à l'école de Montluçon
- 1990 gendarme mobile à l'escadron de gendarmerie mobile 33/5 a AURILLAC
- Adjoint au chef ELI
- 2001-2004 Chef de sécurité à l'ambassade du Paraguay
- 2004 maréchal des logis chef -gendarmerie mobile de Reims 31/7
- 2005 adjudant gendarmerie mobile Reims 31/7
- octobre 2012 ADL

 

- 1992 : médaille de bronze de la défense nationale
- témoignage de satisfaction du Ministère de la défense 30 mai 1989 instructeur                    réserve
- témoignage de satisfaction du Ministère de la Défense 16 juillet 1990 instructeur        réserve
- félicitation collective en 1992; sécurité JO d'hiver D'ALBERTVILLE

Citation: pour le motif « gendarme particulièrement courageux et méritant qui, le 13 avril 1996 à Cayenne, n'a pas hésité à porter secours au péril de sa vie, à trois baigneurs en difficulté dans une mer démontée, les sauvant d'une mort certaine »

- médaille d'argent de la défense nationale 1997


Ambassade d'Argentine